Charles Berling Vu du Pont

Charles Berling, son interprétation dans Vu du Pont, lui a valu un Molière

 

S’il est un Molière amplement mérité, c’est bien celui attribué à Charles Berling pour son interprétation dans la pièce d’Arthur Miller « Vu du pont ».
Nombre de comédiens s’y sont essayés, dont Raf Vallone qui était passé, voici quelques décennies à l’Opéra de Toulon. Mais rares sont ceux qui, dans ce rôle d’Eddie Carbone, sont arrivés à donner une telle intensité dramatique, rarement atteinte. Et rarement, notre ami Charles nous a offert une interprétation aussi magistrale.
Eddie Carbone, docker de Brooklyn, a élevé sa nièce Cathy, après la mort de sa mère, avec une tendresse infinie. A tel point qu’il l’a étouffée d’amour, qu’il la voit toujours comme une enfant alors qu’elle est devenue femme et veut voler de ses propres ailes. Aussi, l’arrivée de deux cousins italiens de sa femme, Marco et Rodolpho, immigrés clandestins qu’ils vont héberger, va bouleverser la vie de chacun, d’autant que Cathy et Rodolpho tombent amoureux.

Alors va surgir chez Eddie, une immense souffrance, une sombre jalousie, une peur de perdre cette enfant pour qui il a un amour ambigu. Jalousie qui ira crescendo jusqu’au drame final.

Dans la peau d’Eddie

 

Charles Berling est époustouflant de vérité, d’émotion, de sentiments exacerbés, faisant de cet homme simple un homme plein de fureur et de haine. A ses côtés, une troupe de remarquables comédiens* totalement en osmose dans ce huis clos mis en scène par Ivo Van Hoe et un décor, des lumières et une mise en espace signés Jan Wersweyveld, à la fois originaux et sobres, mettant en exergue un texte au cordeau.
Pour la circonstance, la salle du Liberté a été totalement repensée et ajoute à la force de ce drame dans lequel nous sommes plongés.

Le public de cette avant-première a été totalement soufflé, pris par l’histoire et la fin apocalyptique, à tel point qu’au baissé de rideau, sonné, il y eut un grand silence suivi d’une immense ovation.

Ce fut une soirée magique, d’une intensité rarement atteinte.

 

Jacques Brachet

 

Aucun commentaire pour l'instant

Commentez cet article