Jean-marie périer

Jean-Marie Périer interviewé par Jacques Brachet sera à La Garde sur scène pour un grand flashback le 3 février

L’interview de Jacques Brachet

Jean-Marie Périer sera sur scène à La Garde, pour un one-man show inédit.

Il raconte les rencontres, les anecdotes, les aventures, et surtout celles, personnelles, que l’on ne connaissait pas… Plus que raconter les années 60, il vous raconte ce qu’il y a vécu.

Avec humour, le photographe fétiche de « Salut les copains » revisite des décennies de voyages, d’amitié et d’amour, et nous plonge avec émotion dans sa vie, aux côtés des plus grandes célébrités de ces années d’or, qu’il nous décrit avant tout comme des jeunes hommes et des jeunes femmes simples, propulsés du jour au lendemain aux firmaments de la célébrité.

Une manière intime de (re)découvrir ces artistes que l’on a aimés.

 

Voici l’interview réalisée par Jacques Brachet qui confie :

 

« Je peux avouer que si j’ai fait ce métier de journaliste, c’est grâce (ou à cause ! ) de Jean-Marie Périer.
Ado, je bavais devant tous les reportages de « Salut les copains » qu’il réalisait au bout du monde avec toutes nos idoles des sixties dont nous punaisions les posters qu’il réalisait.

A plus petite échelle, j’ai réalisé ce rêve de rencontrer tous ces artistes de SLC, même si je ne suis pas allé aussi loin que lui.
Lors d’un « Spécial Claude François » que je réalisais, j’avais eu l’occasion de discuter longuement avec lui, car il est très volubile et passionné et il m’avait dit alors que depuis des décennies il rabâchait les mêmes choses. »

 

Jean-marie Périer sur scène flashbackJacques Brachet : Alors, pourquoi créer ce spectacle qui n’en est pas vraiment un, intitulé « Flashback » ?

 

Jean-Marie Périer : « Justement, je répond toujours aux mêmes questions que l’on me pose, sur tel ou tel chanteur. Mais j’avais envie de dire des choses plus personnelles, de raconter ce que j’ai vécu. Le 1er février j’aurai 77 ans, ce n’est pas à mon âge que je vais faire une carrière de comédien, que je n’ai d’ailleurs jamais eu envie de faire. Mais s’il me reste encore quelques années, je n’ai pas envie de m’ennuyer, j’ai envie de me mettre des défis, de prendre des risques… si risques il y a ! Ça, ça me plait. Et j’ai trouvé cette formule qui n’est ni un one man show, ni une conférence derrière une table avec un verre d’eau.
J.B : En fait, c’est quoi, cette formule ?

 

J-M P : Je suis sur scène devant un grand écran où je passe entre 250 et 280 photos, un ami ingénieur du son m’a fait des musiques et des montages et je peux enfin montrer tous les gens que j’ai photographiés. J’ai des mots-clef mais j’improvise selon l’atmosphère de la salle et c’est moi qui passe les photos.

 

jean-marie périer salut les copainsJ.B : Vous qui avez vécu auprès de votre père, François Périer et qui avez vu défiler tous les comédiens du moment, pourquoi ne pas les avoir photographiés ?

 

J-M P : Tout simplement parce qu’ils ne me l’ont pas demandé ! Je vais vous avouer quelque chose : je suis entre la pute, qui fait ce qu’on lui demande de faire moyennant fric et le caniche, qui fait où on lui dit de faire ! Et ça a été ça toute ma vie. Je n’ai jamais eu de plan de carrière, j’ai toujours fait les choses par curiosité ou pour m’amuser. A « Salut les copains » ; nous étions plusieurs photographes, chacun avait ses chanteurs préférés et faisait ce qu’il voulait avec eux.

 

J.B : Certains chanteurs ne sont jamais passés dans le magazine, Brel, Brassens, Dalida, Pétula…

 

J-M P : Ah, Pétula, j’ai fait une couverture avec elle. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui je regrette d’être passé à côté d’eux mais c’était provocateur, un peu en réaction à tous ces gens qui n’aimaient pas tous ces jeunes chanteurs qui vendaient des millions de disques et qui avaient un succès hallucinant. C’était donc un jeu. Pour me rattraper, j’ai fait plus tard un film sur Brassens.

J’étais fou de Dutronc

 

jacques duroncJ.B : Il y a eu aussi, justement, le cinéma… où vous ne vous êtes pas incrusté. Pourquoi ?

 

J-M P : Pareil : parce qu’on ne me l’a pas demandé ! Mon premier film, je l’ai fait pour mon père et mon frère, mon second pour Dutronc que Françoise m’avait présenté et dont je suis tombé en admiration et en amitié… J’étais fou de Dutronc. Ça a toujours été comme ça. Si j’ai travaillé pour le magazine « Elle« , c’est parce que ma sœur me l’a demandé.
Vous savez, tout ça n’est pas sérieux. La seule chose sérieuse dans la vie, ce sont les enfants, la santé et être heureux.

 

J.B : Vous faites une tournée avec ce « spectacle » ?

 

J-M P : Surtout pas !

 

J.B : Pourquoi ?

 

J-M P : Parce que ça ne m’intéresse pas de courir d’une ville à l’autre tous les jours. J’ai refusé ça. D’autant que ce n’est pas à mon âge qu’on commence une nouvelle carrière et je n’avais pas envie de me mettre des obligations sur le dos ! Non, je fais deux dates par mois, je prends mon temps de visiter chaque lieu où je passe, de découvrir de bons restaurants, car la bouffe, c’est important ! Et je fais ça pour le plaisir de rencontrer les gens, de leur apporter du bonheur, de leur rappeler de bons souvenirs de jeunesse. J’aime rencontrer les gens de province, discuter avec eux, prendre l’air du temps… Et faire plein d’autres choses à côté, car tant que je suis valide, je veux découvrir, faire des choses. Je suis en train d’écrire un livre de nouvelles, je vais créer en 2018, avec une équipe d’amis, une maison d’édition…

Les artistes sont inabordables

J.B : A Paris ?

 

J-M P : Jamais de la vie !

En Aveyron où je vis aujourd’hui, où je rencontre les gens, les vignerons, où l’on mange bien, où l’on vit sans pression. Je dois vous dire qu’aujourd’hui, après avoir fait le tour du monde et depuis que j’ai mon chien, je ne voyage plus qu’en France et je ne m’arrête que là où on l’accepte, où il peut dormir avec moi, manger à ma table… Allez faire ça à Paris !

 

jean-marie périer GRELLET

J.B : Pensez-vous qu’aujourd’hui un photographe puisse refaire ce que vous avez fait ?

 

J-M P : Non bien sûr ! On était jeune, tout était nouveau, on s’amusait tous, les artistes en premier. Aujourd’hui, les artistes sont tellement entourés qu’ils deviennent inapprochables, inabordables, tout se monnaye… Ce n’est que du business. Pensez que j’ai pu emmener en province Sheila et Sylvie Vartan, alors toutes les deux N°1 et vendant des milliers de disques, pour les faire poser en Bécassine !!! Allez demander ça à Zaz ou une autre, même si elles pourraient dire oui, c’est l’entourage qui les en dissuaderait. L’image de marque est devenue tellement préoccupante… A notre époque on s’en foutait !

 

J.B : En fait, vous avez toujours fait ce que vous vouliez ?

 

Oui, à une exception près : au départ, ma vie, mon envie, c’était d’être musicien. Mais j’ai très vite compris que ça n’irait pas loin. En 56 on m’a proposé d’être photographe… et je l’ai fait. On aurait pu me proposer autre chose, je l’aurai fait. On m’a proposé de tourner des pubs en Amérique et là, c’était tellement bien payé que j’ai foncé, d’autant que j’avais deux familles à nourrir.

 

J.B : Vous êtes donc un homme heureux ?

 

J-M P : Oui parce que libre, parce que j’ai toujours fait plein de choses pour le plaisir pour m’amuser, sans contraintes. Et j’espère continuer encore longtemps !

 

Propos recueillis par Jacques Brachet

 

Flashback, vendredi 3 février 20h30 – Salle Gérard Philippe – La Garde

 

Des places à gagner pour le one-man show de Jean-Marie Périer à La Garde

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